Biographie de George Pompidou
Georges Jean Raymond Pompidou, né le 5 juillet 1911 à Montboudif (Cantal), mort le 2 avril 1974 à Paris, homme d'État français, fut président de la République française et l'un des deux Coprinces d'Andorre de 1969 à 1974. Famille et études Georges Pompidou est fils d'enseignants d'origine paysanne. Il obtient son baccalauréat à Albi puis fait sa khâgne au lycée Louis-le-Grand aux côtés de Léopold Sédar Senghor et d'Aimé Césaire. Il est reçu à l'École normale supérieure (1931), est reçu premier à l'agrégation de lettres (1934) et commence une carrière de professeur. Il enseigne d'abord à Marseille au lycée Saint Charles, puis à Paris (au lycée Henri-IV). Le 29 octobre 1935, il épouse Claude Cahour. Ils ont un fils adoptif, Alain Pompidou (né en 1942). Carrière ministérielle À la Libération, il est chargé de mission au cabinet du général de Gaulle, président du Gouvernement provisoire de la République française. Il devient ensuite maître des requêtes au Conseil d'État, puis directeur du commissariat au Tourisme (1946-1949). Entre 1954 et 1958, il travaille à la banque Rothschild, mais il restera un conseiller très proche du Général. Lors du retour au pouvoir du général de Gaulle, en 1958, il devient son directeur de cabinet. Il est nommé en mars 1959 au Conseil constitutionnel où il siégera jusqu'en 1962. Il entre en contact avec le FLN lors de discussions qui ont lieu à Neuchâtel et à Lucerne (Suisse) préparant ainsi les accords d'Évian. Premier ministre (1962-1968) Après le référendum d'avril 1962 approuvant les accords d'Évian, il est nommé Premier ministre le 14 avril 1962. C'est un quasi inconnu que nomme le général de Gaulle pour succéder à Michel Debré. C'est en pleines 30 Glorieuses qu'exerce Pompidou et, malgré quelques secousses (grèves des mineurs, dissolution et référendum) il restera le symbole du renouveau, de la modernisation gaullienne de la France des années 60. Pendant les événements de mai 1968, il comprend que les émeutiers et les grévistes se sont discrédités par leurs excès et qu’il faut dissoudre l’Assemblée, décision que beaucoup jugent suicidaire dans l’entourage du général de Gaulle, lequel souhaite un référendum. Beaucoup pensent que c'est l'alliage De Gaulle/Pompidou (fermeté du Général/négociations du Dauphin, comme à Grenelle) qui va faire sortir le pays de ce séisme sans précédent. De mauvaise grâce, ce dernier finit par se rallier aux conseils de Pompidou et les élections qui s’ensuivent sont un triomphe pour l’UDR (Union pour la défense de la République) qui rassemble l’ancienne UNR (devenue entre temps UD-Ve) et quelques ralliés. La gauche est décapitée, nombre de ses leaders ne sont pas réélus, en particulier Pierre Mendès France. Mais de Gaulle, irrité d’avoir eu tort contre son Premier ministre le contraint à présenter sa démission le 10 juillet et le remplace par Maurice Couve de Murville, en le plaçant, d'une façon qu'il croit ironique, en réserve de la République. Lors d'une visite à Rome, un journaliste lui demande s'il pense avoir un avenir politique. Il répond : « Je ne pense pas avoir d'avenir politique ; j'ai un passé politique ; j'aurai peut-être un jour, si Dieu le veut, un destin national ». Cette déclaration lui vaut une remontrance officielle de l'Élysée, qui la déclare prématurée. C'est aussi à cette époque post 68 que se déroule l'affaire Markovic (garde du corps d'Alain Delon assassiné) où on tentera de compromettre sa femme en faisant circuler des rumeurs à son sujet (on parle de photos d'orgies où Claude Pompidou figurerait), ce sera une blessure vive à jamais pour Pompidou, jusqu'à sa mort. Il reprochera à l' Elysée de ne pas l'avoir averti, d'avoir laissé cette rumeur déshonorante, basée sur les paroles d'un voyou, se propager ; c'est le point de rupture définitif entre le Général et Pompidou. Président de la République (1969-1974) Suite à l'échec du référendum d'avril 1969, le Général de Gaulle se retira aussitôt de ses fonctions et des élections furent organisées. Georges Pompidou se déclare candidat le 29 avril dans la matinée. Il obtient aussitôt le ralliement de l'UDR. Seule une partie des Gaullistes de gauche derrière René Capitant (qui envisagera même un moment de se présenter) et Louis Vallon ne le soutiendra pas. Valéry Giscard d'Estaing mènera un jeu plus complexe. Il cherchera à susciter la candidature d'Antoine Pinay, qui se récusera, puis rencontrera Alain Poher. Le 30 avril, il ralliera Georges Pompidou. Ayant reconstitué l'ancienne majorité, il va s'attacher à réaliser une ouverture en direction des centristes. Répondront à son appel René Pleven, Joseph Fontanet et Jacques Duhamel (le père du constitutionnaliste Olivier Duhamel). La gauche étant incapable de présenter comme en 1965 une candidature commune, son rival le plus sérieux devient vite le Président du sénat qui exerce l'intérim de la fonction présidentielle. Les premiers sondages donnent d'ailleurs ce dernier vainqueur. Il saura renverser la tendance, menant une campagne active en province, mettant en valeur les ralliements qu'il a obtenus. Au premier tour, qui se déroule le 1er juin, il arrive nettement en tête avec 10 051 783 voix (44,5 %) devant Alain Poher (23,3 %) et Jacques Duclos (21,3 %). Gaston Defferre n'a obtenu que 1 133 222 suffrages (5,01%). Le Parti communiste appelant à l'abstention, le second tour nest plus qu'une formalité. Le 15 juin 1969, Georges Pompidou est élu président de la République avec 11 064 371 voix (58,2 %), face à Alain Poher, Président du Sénat, qui avait assuré l'intérim de la présidence de la République après la démission de de Gaulle et qui en obtient 7 943 118 (41,8 %). Il entre en fonctions le 19 juin et le 20 juin, il nomme Jacques Chaban-Delmas au poste de Premier Ministre qui restera en fonction jusqu'au 5 juillet 1972, date à laquelle lui succède Pierre Messmer qui demeure en fonctions jusqu’au 27 mai 1974. Sur la scène internationale, Georges Pompidou continue la politique gaullienne d'indépendance tout en l'assouplissant, notamment à l'égard des États-Unis d'Amérique et de la Grande-Bretagne. Au niveau national, il continua la modernisation économique et l'industrialisation de la France tout en devant faire face à des conflits sociaux et aux premiers contrecoups du choc pétrolier de 1973. Grandes étapes de la présidence de Georges Pompidou * Gouvernement de Jacques Chaban-Delmas du 20 juin 1969 au 5 juillet 1972 o 1969 : + 26 juin : Chaban-Delmas présente son programme ''la nouvelle société'' basé sur l'élargissement des libertés publiques, la participation dans les entreprises, l'accroissement des pouvoirs régionaux et le développement de la solidarité. + 8 août : Dévaluation du franc de 12,5%. + 16 septembre : Discours de politique générale de Jacques Chaban-Delmas qui exprime le souhait d'organiser une compétition véritable entre les deux chaînes de télévision de l'ORTF, et se traduit par la création de deux unités autonomes d’information puis par deux directions distinctes. + décembre : loi sur l'actionnariat ouvrier chez Renault, inauguration de la première ligne de RER (Nation-Boissy Saint-Léger), abandon par la France de sa filière graphite-gaz pour ses centrales nucléaires. + 15 décembre : Passionné par la culture et l'art, Georges Pompidou annonce la création d'un centre d'art contemporain à Paris (qui porte aujourd'hui le nom de centre Georges-Pompidou). o 1970 : + 7 janvier : Loi instituant le SMIC à la place du SMIG. + 4 juin : Loi ''anticasseurs'' + 2 juillet : Déclaration de Georges Pompidou à propos de l'ORTF selon lequel l’« information doit être libre...indépendante ...et impartiale ». Il rappelle aux journalistes de l’ORTF que leur parole « engage la France ». + 9 novembre : décès du Général de Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises. Pompidou s'adresse aux français et commence son discours magistralement : ''Le Général de Gaulle est mort. La France est veuve.''. Cérémonie à Notre-Dame de Paris en présence de nombreux chefs d'état. o 1971 : + janvier : Remaniement ministériel + 23 juin : les six pays membres de la Communauté économique européenne (Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Italie, France, Luxembourg) acceptent l'adhésion du Royaume-Uni. o 1972: + 19 janvier : Le Canard enchaîné publie la feuille d'impôts du Premier ministre. + 23 avril : Référendum organisé par Georges Pompidou approuvant l'élargissement de la CEE au Danemark, à la Norvège, à l'Irlande et au Royaume Uni (68,3 % de oui mais avec 40 % d'abstentions). + 24 avril : création du SME ''Système monétaire européen'' ou Serpent monétaire européen. + 5 juillet : Chaban Delmas démissionne à la demande du président de la république et est remplacé par Pierre Messmer * Gouvernement de Pierre Messmer du 7 juillet 1972 au 27 mai 1974 o 1972 : + 14 juillet : Nouveau statut de l'ORTF présidé par Arthur Conte + 31 décembre : Création de la troisième chaîne de télévision. o 1973 + Janvier : la CEE devient l' Europe des 9( Allemagne, Belgique, Danemark, Hollande, Irlande, Italie, France, Luxembourg, Royaume-Uni ). La Norvège reste en dehors de la CEE suite au rejet par référendum de l'adhésion par le peuple norvégien o 4 et 11 mars : Élections législatives remportées par l'UDR et ses alliés des républicains indépendants. + 15 mars :Création du Service Central de la Sureté des Installations Nucléaires. Mise en service à Marcoule de Phénix, première centrale française à neutrons rapides. + 3 avril : Georges Pompidou propose une réforme constitutionnelle ayant pour but de ramener le mandat présidentiel à cinq ans. + 5 avril : Remaniement ministériel + 25 avril : inauguration du périphérique parisien + 12 juin : L'horlogerie Lip dépose son bilan. L'usine de Besançon est occupée. + 25 août : manifestations d'écologistes, d'antimilitaristes et de régionalistes pour s'opposer à l'extension du terrain militaire du Larzac. + 17 octobre : Premier choc pétrolier causé par la décision des pays de l'OPEP d'augmenter considérablement le prix du pétrole brut et de frapper d'embargo les alliés d'Israël suite au déclenchement de la guerre du Kippour. La France, non concernée par l'embargo, se rend compte de sa dépendance énergétique. + 24 octobre : Ajournement de la réforme du quinquennat. + 4 décembre : un journaliste du canard enchaîné découvre des agents des renseignements généraux déguisés en plombiers en train de placer des micros dans leurs nouveaux locaux. + 20 décembre : Adoption de la loi Royer limitant l'ouverture des grandes surfaces. + 22 décembre : Les pays arabes diminuent de 25 % les exportations de pétrole et augmentent le prix du baril de 17 %. Le prix du Baril brut de pétrole passe de 5,092 $ à 11,651 $. La facture française passera de 17 à 123 milliards de francs. + fin décembre : La France compte 421 mille chômeurs (2,7% de la population) o 1974: + 19 janvier : La France sort du système monétaire européen + 1er mars : Remaniement ministériel + 3 mars : Décision du gouvernement développer les investissements dans le programme nucléaire afin d'assurer son indépendance énergétique. + 8 mars : inauguration de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle + 11 - 13 mars Dernier voyage à l'étranger de Georges Pompidou en U.R.S.S où il rencontre avec Leonid Brejnev. Son visage gonflé accrédite les rumeurs sur sa maladie. + 2 avril : Décès de Georges Pompidou. Le président du Sénat, Alain Poher, assure l'intérim La maladie Dans les derniers mois de sa vie, sa maladie de Waldenström et les corticoïdes déforment son visage. Malgré la rumeur concernant sa santé, les déclarations officielles font état de simples grippes. On annonce le 2 avril 1974 sa mort dans son studio de l'île Saint-Louis. Il a été emporté par une septicémie foudroyante. Une polémique s'est développée au sujet du secret tenu autour de sa maladie et il a été convenu que les futurs présidents de la République rendraient publics des bulletins de santé réguliers. François Mitterrand, qui s'y était engagé, a dissimulé lui aussi la gravité de sa maladie après son accession au pouvoir en 1981. Acte de décès Le deux avril mil neuf cent soixante quatorze, vingt et une heures, est décédé, en son domicile, 24 quai de Béthune : Georges Jean Raymond Pompidou, né à Montboudif (Cantal) le 5 juillet 1911, Président de la République Française, Grand Croix de la Légion d'Honneur, fils de Léon Pompidou et de Marie Louise Chavagnac, époux décédés. Epoux de Claude Jacqueline Cahour. Dressé le 3 avril 1974, 9 heures, sur la déclaration de Paul Perruchot, Inspecteur Général de Société, 59 ans, 13 rue de la Grange-Batelière à Paris, qui, lecture faite et invité à lire l'acte a signé avec Nous, Georges Théolierre, Officier de la Légion d'Honneur, Maire du IVe arrondissement de Paris. (suivent les signatures) Le président de la modernité George Pompidou entend moderniser la France. Il développe l'automobile au détriment des autres modes de transport. Il dit à ce propos en 1971 ''Il faut adapter la ville à l'automobile''. Le nombre de cyclistes régresse et le nombre d'automobilistes augmente significativement. Dans bon nombre de villes beaucoup de vieux quartiers sont détruits pour faire place à des voies express ou élargir certains axes comme à Lyon avec le tunnel de Fourvière[réf. nécessaire]. C'est cependant à tort qu'on lui attribue généralement la paternité du plan autoroutier pour Paris qui a davantage été conçu par les services techniques, les architectes et urbanistes de la ville de Paris. Il participe au développement de l'agriculture intensive et de l'agro-industrie par la mécanisation et l'utilisation d'engrais et de pesticides. Dans le même temps, il lance les premiers labels et les appellations d'origines. Citations * 1966, à Jacques Chirac qui lui faisait signer de nouveaux décrets : « Mais arrêtez donc d'emmerder les français » (cité par Thierry Desjardins). * 10 novembre 1970, lors d'une allocution télévisée consécutive à la mort de Charles de Gaulle : « Français, Françaises, le général de Gaulle est mort, la France est veuve. […] » * 28 janvier 1974, rapporté par le ministre portugais F.Barboza : « Quand Giscard me regarde, je vois bien qu'il trouve que je ne meurs pas assez vite... » * 1971 « Il faut adapter la ville à l'automobile. » * 1972 « Mais c'est horrible ! » en découvrant les plans du centre d'art contemporains à Paris,aujourd'hui Centre Pompidou[réf. nécessaire] * 1972 « Chère vieille France ! La bonne cuisine ! Les Folies-Bergères ! Le Gai-Paris ! La Haute-Couture [...] ! C'est terminé ! La France a commencé et largement entamé une révolution industrielle ». |